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Comment l’aide humanitaire appauvri l’Afrique ?

Jeudi 18 septembre 2008

Comment l’aide humanitaire appauvri l’Afrique ?  dans Arnaques  Humanitaires barre-africamaat 

L’aide au pays du sud n’est qu’une simple astuce commerciale permettant aux firmes multinationales occidentales de multiplier leurs profits sous couvert d’aide humanitaire.

Comment l’aide humanitaire appauvri l’Afrique ?

Edward Goldsmith nous livre une analyse crue du mécanisme de l’aide au pays du sud, qui n’est selon lui qu’une astuce commerciale permettant aux firmes multinationales de multiplier leurs profits sous couvert d’aide humanitaire. [1]

La technique du « colonialisme informel » n’est pas neuve. Elle a souvent servi pendant l’ère coloniale, en Égypte comme en Tunisie. Le bey de Tunis avait beaucoup emprunté pour renforcer son armée et relâcher ses liens avec la Turquie. Une grande part de la somme empruntée correspondait à des obligations détenues par des Français, qui réclamèrent l’aide du Quai d’Orsay et furent entendus. La gestion du bey devait être soumise à une supervision, technique éprouvée par la France et l’Angleterre et que prolonge le FMI.

La commission mixte Franco-tunisienne, créée en 1869, imposa des conditions draconiennes. Elle s’octroyait le droit de collecter et de distribuer les revenus de l’état afin de garantir que les actionnaires fussent les premiers servis.

Le président William Charron a obligé le Mexique à accepter un accord semblable, en hypothéquant sa principale richesse, le pétrole, en échange d’un prêt de plusieurs milliards de dollars pour servir de caution aux financiers de Wall Street.

A partir de 1869, les finances publiques de la Tunisie, et donc son gouvernement effectif, sont sous contrôle étranger. La Tunisie devient une « colonie informelle« .

Les pressions étrangères pour le paiement des intérêts s’accroissent, le bey doit augmenter les impôts, et, de ce fait, le peuple s’agite et accuse le gouvernement d être vendu aux étrangers. L’annexion réelle a lieu en 1881 (peut-être n’aurait-elle pas eu lieu sans la crainte que l’Italie ne prenne les devants).

Une histoire identique s’est déroulée en Égypte. Harry Magdoff la résume à la perfection : « La perte de souveraineté de l’Égypte rappelle le produit de l’œuvre en Tunisie : crédit facile prolongé par les Européens, banqueroute, contrôle croissant de la commission de la dette extérieure exploitation des paysans pour récolter les fonds du service de la dette, agitation nationaliste grandissante conquête militaire pur un pouvoir étranger« .

L’ère du développement a, bien entendu, perfectionné la technique du prêt comme moyen de contrôle.

On en cache désormais le plus gros sous l’euphémisme « aide », justifiée par la pauvreté du tiers-monde, un symptôme de sous-développement, dont le développement semble le palliatif automatique. Pour y remédier, il faut des capitaux et un savoir technique, ce que, précisément. le système des firmes occidentales procure. Selon les mots de John M. Galbraith, « ayant le vaccin, nous avons inventé la vérole« .

On érige actuellement en modèle les nouveaux pays industriels comme la Corée du Sud, Taiwan, Singapour ou Hongkong. Or ni Singapour, ni Hongkong n’ont beaucoup emprunté pour leur développement. Taiwan, a emprunté un peu, au début, mais a su résister à la pression des Etats-Unis pour l’amener à dépenser plus. Seule la Corée du Sud a emprunté de façon notable. Si elle a réussi là où d’autres ont échoué, et racheté sa dette par les exportations, c’est parce que, précisément, elle a su résister aux pressions de la Banque mondiale et du FMI qui insistaient pour qu’elle ouvre ses marchés.

Le contrôle des importations et des capitaux a été maintenu par Séoul, comme l’avait fait auparavant le Japon. S’il est clair que le développement exige des capitaux, note l’économiste Cheryl Payer, « dans le monde d’aujourd’hui, la vraie rareté n’est pas le capital mais les marchés« .

L’aide se révèle actuellement un excellent instrument pour ouvrir les marchés, une bonne part de cette assistance étant liée à l’acquisition de produits exportés par le pays donateur. Comme les colonies de jadis, forcées d’acheter les biens manufacturés de la métropole, les bénéficiaires des crédits doivent dépenser jusqu’à 70 % d’un argent censé soulager la pauvreté et la malnutrition en biens d’équipement inadaptés et en produits industriels des généreux donateurs. Et s’ils osaient refuser d’acheter, ils se retrouvèrent vite à genoux par la simple menace de supprimer les ressources dont ils dépendent toujours plus.

Ainsi conçue, l’aide est, en général, inutile aux pauvres du Sud pour la bonne raison que l’économie locale, qui seule peut les nourrir, n’a nul besoin d’autoroutes, de grands barrages, de semences hybrides engrais et pesticides de la révolution verte . Ces produits n’intéressent que l’économie globale qui s’étend aux dépens de l’économie locale, dont elle détruit l’environnement, dont elle désagrège les communautés, dont elle capte les ressources une à une : eaux, forêts, terres et … bras.

La crise de la dette du début des années 80 avait tari l’investissement privé dans les pays du Sud, et l’argent frais proposé par les banques multinationales du développement servait surtout au remboursement des intérêts sur les prêts que les pays débiteurs avaient contractés auprès des institutions privées, Tout cela a changé en quelques années.

L’investissement privé dans certains pays du Sud appelés désormais « pays émergents » – a progressé par bonds pour atteindre 200 milliards de dollars par an, dont la moitié en placements à long terme, l’autre moitié en fonds spéculatifs à court terme.

Cette augmentation massive s’explique en partie par l’inadéquation entre les immenses sommes d’argent disponibles aux Etats-Unis et dans les autres pays industriels, qui cherchent à se placer, et le manque d’opportunités dans les Etats développés. En partie aussi parce que l’on a instauré dans le monde entier des conditions on ne peut plus favorables aux sociétés multinationales : une abondante main-d’œuvre non qualifiée, mais aussi des techniciens et cadres hautement qualifiés, à très bas prix.

Ces sociétés ont, de surcroît, accès à tous les services financiers et aux dernières techniques informatisées de production et de gestion.

Qui plus est, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) met désormais les pays du Sud dans l’obligation d’accepter tout investissement étranger, de traiter en « compagnie nationale » toute firme étrangère établie sur leur sol dans l’agriculture, les mines, l’industrie et les services, d’éliminer les droits de douane et quotas d’importation sur toute marchandise, produits agricoles y compris, et d’abolir les obstacles non tarifaires au commerce, tels que la législation sur le travail, la santé et l’environnement qui risqueraient d’augmenter les coûts de production.

aide_2 dans Arnaques  Humanitaires

Aucun gouvernement, même au Nord, n’exerce plus de contrôle sur les entreprises multinationales.

Si une loi dérange leur expansion, elles menacent de partir, et elles peuvent le faire sur-le-champ. Elles sont libres de courir la planète pour choisir la main-d’oeuvre la moins chère, l’environnement le moins protégé par la loi, le régime fiscal le moins onéreux, les subsides les plus généreux. Plus besoin de s’identifier à une nation ou de laisser un attachement sentimental (fût-il patriotique) entraver leurs projets. Elles se trouvent totalement hors de contrôle.

A mesure qu’un petit nombre de firmes s’emparent du marché mondial des biens qu’elles produisent et distribuent, la concurrence entre elles correspond de moins en moins à leur intérêt. La compétition réduit les marges ; la coopération, en revanche, leur permet de renforcer leur emprise sur les gouvernements, et de faire face à l’opposition grandissante des mouvements populistes, nationalistes ou autres, qui voudraient réduire leur influence et leur pouvoir. De plus en plus, les firmes pratiquent l’intégration verticale, qui leur permet de contrôler chaque étape du fonctionnement de leur secteur, de l’extraction des minéraux, par exemple, à la construction d’usines, à la production de marchandises, au stockage, au transport vers les filiales étrangères, à la vente en gros et au détail. Elles s’assurent que ce sont elles qui fixent les prix à chaque étape, et non – comme elles le font croire -le marché.Les transactions mondiales s’opèrent de plus en plus massivement entre les multinationales et leurs filiales.

Il ne s’agit plus de commerce véritable mais du produit d’une planification privée centralisée à l’échelle de la planète.

Pour Paul Enkins, économiste et écologiste britannique, les multinationales deviennent  » des zones géantes de planification bureaucratique, au sein d’une économie, par ailleurs, de marché. Une similarité fondamentale existe, selon lui, entre firme géante et entreprise d’Etat, « Les deux emploient des structures de commandement hiérarchisé pour allouer des ressources dans les frontières de leur organisation, au lieu de se tourner vers le marché« .

Quel garde-fou, se demande-t-on, pourrait empêcher 50 %, 60 % ou 80 % du commerce mondial d’opérer ainsi l’intérieur des « frontières d’organisations ?

Notre avancée sur cette voie peut déboucher sur l’ère de planification centrale à l’échelle de la planète : le colonialisme global des firmes. Ces nouvelles puissances coloniales ne répondent pas à leurs actes et ne rendent compte qu’à leurs actionnaires. Ce ne sont guère que des machines à accroître leur profit immédiat. Mais elles auront désormais le pouvoir de forcer un gouvernement à défendre, si besoin, leurs intérêts contre ceux du peuple qui l’a élu.

Ce nouveau colonialisme des firmes transnationales risque fort d’être le plus impudent et le plus brutal que l’on ait jamais vu.

Il pourrait déposséder, appauvrir et marginaliser plus de gens, détruire plus de cultures, causer plus de désastres écologiques que le colonialisme de jadis ou le développement des cinquante dernière années.

Combien de temps tiendra t-il ? Peut-être quelques années ou quelques décennies, mais une économie générant la misère à cette échelle ne peut survivre longtemps.

L’argent qui manque au développement !!!! Article de MALIJET

Mardi 8 juillet 2008

Argent planqué des présidents

africains : 20 milliards de dollars sur

des comptes bancaires suisses

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Alors que plusieurs pays du Sud sont le théâtre des «émeutes de la faim» qui s’amplifient, la question de la restitution des biens mal acquis de potentats africains se pose avec une nouvelle acuité. Des centaines de millions de dollars liés aux biens mal acquis par des dictateurs resteraient bloqués en Suisse. Leur restitution directe pourrait servir à l’aide alimentaire d’urgence.
Entre 100 et 180 milliards de dollars: ce serait la somme des magots détournés par des dictateurs ces dernières décennies. S’il fallait aussi tenir compte des détournements opérés par leurs proches, les chiffres dépasseraient 1000milliards, selon une estimation de Michel Camdessus, ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI).
Où s’envole tout cet argent spolié aux populations locales principalement des pays du Sud, toujours «en développement»? En grande partie, vers les paradis fiscaux et des Etats qui soutiennent ces régimes corrompus. En France, par exemple, où des potentats africains comme Bokassa ou Eyadéma profitaient d’appuis politiques et d’amitiés en très haut lieu. En Suisse également, comme le montre un document de travail du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) qui a servi de base à une plainte collective déposée à Paris concernant les «biens mal acquis» (lire ci-dessous).
Le phénomène n’est pas nouveau. En Suisse, les affaires se sont succédées, défrayant la chronique: fonds Montesinos (Pérou), Marcos (Philippines), Mobutu (ex-Zaïre), Abacha (Nigeria)… Plus récemment, Hussein (Irak), Salinas (Mexique) ou Duvalier (Haïti): plus de 7 millions de dollars qui restent bloqués en Suisse malgré l’approche de la date butoir (31 août 2008), tandis que le pays est lui aussi, comme le Cameroun, secoué par les «émeutes de la faim»…
Au total, plus d’un milliard se trouverait toujours bloqué dans nos coffres, dans l’attente d’une décision judiciaire définitive. Qu’en est-il de tout ce patrimoine? Même en se concentrant sur la seule Afrique subsaharienne, la liste est édifiante. La disproportion entre les sommes recherchées et les sommes rendues, aussi. Le cas Abacha semble une exception.

Les miettes de Mobutu
Quatre à cinq milliards de dollars: c’était la fortune attribuée à Mobutu. Elle aurait pour une bonne moitié été planquée en Suisse. Seuls trois millions ont effectivement été restitués au nouveau gouvernement de Kinshasa, au terme d’une longue procédure. Et la villa de Mobutu à Savigny (Vaud), mise en vente. «Environ 8 millions de francs suisses restent gelés, montant confirmé par les autorités suisses à notre demande», nous précise à Bâle Max Mader, d’Action place financière suisse. Il souligne que le délai est fixé à fin 2008 pour la restitution de cette somme.
Pour le Mali, la Suisse a certes rendu 2,4 millions de dollars du dirigeant Moussa Traoré (chassé du pouvoir en 1991). C’est bien peu: sa fortune était estimée à un ou deux milliards, provenant en partie de centaines de kilos d’or enfouis dans des caisses métalliques et expédiées en Suisse. Pour la Côte d’Ivoire sous Houphouët-Boigny, qui avait une belle propriété à Cologny, la pêche au trésor en Suisse serait encore plus fabuleuse, a en jugé par la liste établie par le CCFD (voir ci-dessous).

Charles Taylor et ses diamants
Voyons le sinistre Charles Taylor (Liberia, 1989-1996), inculpé pour crimes de guerre et jugé en ce moment devant le Tribunal spécial des Nations unies pour la Sierra Leone (TSSL) à La Haye : sur les trois milliards amassés sur la vente, entre autres, de diamants du sang, de trafic d’armes et de bois tropicaux, seuls 2,1 millions ont été bloqués en Suisse… Là aussi, des experts s’interrogent: on sait pourtant qu’en 2002, «25% des fonds en provenance d’Afrique et déposés dans les banques suisses étaient libériens. Monrovia y disposait ainsi de 3,8 milliards de dollars (placements faits par le gouvernement et fonds détournés). Une somme supérieure à celle placée par l’Afrique du Sud (2,4 milliards de dollars) ou le Nigeria (900 millions de dollars), selon les estimations de la Banque nationale suisse», explique Anne Kappès-Grangé, journaliste à la rubrique économique de Jeune Afrique.
Le Kenya engage des enquêteurs
Autre procédure actuellement en cours au niveau international: celle concernant les fonds d’Arap Moi (Kenya, 1978 et 2002, despote notoire dont la fortune était estimée à 3 milliards de dollars, qui a inspiré le célèbre romancier John Le Carré). Dès 2003, le nouveau gouvernement kenyan a fait appel à un cabinet d’enquêteurs américains, Kroll Associates, spécialistes des affaires de restitution d’avoirs illicites, pour retrouver le magot volé. «On retrouva des comptes bancaires d’Arap Moi à la Citibank et à l’Union bancaire privée en Suisse», note le rapport du CCFD. Interrogé sur ce cas à Berne, le porte-parole de l’Office fédéral de justice, Folco Galli, répond que pour Arap Moi, «rien n’est bloqué en Suisse».
L’enquête de Kroll retrace pourtant la fortune exfiltrée vers une trentaine de pays –dont plusieurs centaines de millions vers la Suisse , via une dizaine d’établissements bancaires, dont certains situés à Genève. Un des principaux intermédiaires de cette époque: Gabriel Moussa Katri, aussi branché sur des réseaux nigérians. Il est alors décrit par les chargés d’investigation comme «l’un des plus importants blanchisseurs d’argent à Genève».
A ce jour, «seul le Royaume-Uni a ordonné en 2005 le gel de près d’un milliard de dollars volés dans les caisses de la Banque centrale du Kenya et transférés sur des comptes bancaires en Grande-Bretagne», poursuit le CCFD.

Togo: tel père, tel fils?
Faute d’informations, le rapport du CCFD «sèche» aussi sur la fortune exfiltrée des anciens potentats africains qui ne font l’objet d’aucune procédure en cours, mais qui posent problème. «De forts soupçons existent sur des biens mal acquis au Tchad, Togo, Centrafrique, Cameroun…». Après 38 ans de règne et une fortune familiale estimée à quatre milliards de dollars, une enquête aurait pu être ouverte pour récupérer les comptes en Suisse et au Liechtenstein du général Gnassingbé Eyadéma (Togo). Hélas, c’est un de ses fils qui lui a succédé au pouvoir, en avril 2005.I
Note : «Biens mal acquis… profitent trop souvent. La fortune des dictateurs et les complaisances occidentales», document de travail, direction des études et du plaidoyer, CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement), Paris, mars 2007. Sur les biens mal acquis en Suisse, voir aussi l’ouvrage collectif de Dominique Froidevaux, Bernard Bertossa, Sébastien Guex, Edouard Dommen, Gérard Perroulaz et Gertrud Ochsner, La Suisse dans la constellation des paradis fiscaux, éditions d’En bas/COTMEC, Lausanne, 2002.
Sur plus d’un milliard placé en Suisse, les trois quarts ont été restitués. 7 millions sont toujours bloqués aujourd’hui, nous informe à Berne l’Office fédéral de justice.
Une vue aérienne de son ancienne demeure est disponible sur le site: www.swisscastles.ch.
Pour un apercu, lire: Xan Rice, «The looting of Kenya . Leak of secret report exposes corrupt web», The Guardian, 31 août 2007.

La France donne des idées à la Suisse

En portant plainte en mars 2007 pour «recel de détournement d’argent public » contre plusieurs chefs d’Etat africains et leurs familles, qui auraient acquis en France des biens immobiliers grâce à des détournements d’argent public dans leur pays, les associations Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora entendent dénoncer «un scandale qui n’a que trop duré». Leur action s’inscrit «dans un vaste mouvement international de plaidoyer impulsé notamment par des ONG et des juristes, pour la saisie et la restitution de ces biens et avoirs mal-acquis», comme l’explique à Paris un porte-parole de Survie.

Les biens des dirigeants africains Omar Bongo (au pouvoir au Gabon depuis 41 ans) et Denis Sassou Nguesso (revenu au pouvoir au Congo-Brazzaville après avoir ordonné une répression meurtrière en 1997, qui s’est poursuivie les années suivantes) sont particulièrement visés par la plainte, la première du genre en France à concerner des despotes encore en exercice.

Après analyse du dossier, le Parquet de Paris annonce le 18 juin l’ouverture d’une enquête préliminaire, confiée à l’Office central de répression de la grande délinquance financière. Depuis, cette enquête «a permis de confirmer intégralement l’ensemble des informations communiquées s’agissant du patrimoine immobilier acquis et utilisé par Denis Sassou Nguesso et Omar Bongo ainsi que par leurs familles», notent les ONG.

Le 23 novembre 2007, la plainte est classée sans suite, «en raison notamment du fait que les infractions dénoncées ne seraient pas suffisamment caractérisées». Une décision «consternante», selon les associations, qui ne vont pas en rester là. Avec une dizaine d’autres ONG, dont Global Witness et les sections françaises d’Oxfam, Secours catholique Caritas et Transparence International, elles ont lancé en décembre 2007 une pétition pour réclamer la restitution des biens mal acquis des dictateurs aux populations spoliées.

Le 10 avril dernier était encore organisée à Paris la «saisie symbolique» d’un hôtel particulier de la famille Bongo. Situé rue de la Baume , dans le 8ème arrondissement, ce bien immobilier vaut la bagatelle 18 million d’euros. L’action a été initiée par la Cellule françafrique, réseau dénonçant le soutien actif de la France à des potentats africains, en présence d’Odile Biyidi, présidente de Survie et de Marc Ona Essangui, de la société civile gabonaise.

La Suisse est un lieu de séjour un lieu de séjour privilégié pour des potentats vieillissants qui souhaitent poursuivre leurs affaires au calme. Outre le secret bancaire et les connexions avec de nombreuses filiales de banques suisses établies dans les Caraïbes, certains en profitent pour se refaire une santé à la fameuse clinique privée de Genolier, surnommée «la clinique des chefs d’Etat africains», qui dispose même d’une suite présidentielle. Genève leur donne garantit aussi un accès aux organisations internationales.

C’est aussi à Genève, une des capitales du trading pétrolier et du commerce de cacao, qu’est établi le siège pour l’Afrique et le Moyen-Orient de beaucoup de multinationales anglo-saxonnes. C’est à Crans-Montana qui se tient en été un forum économique, sorte de «mini-Davos» dédié à l’Afrique et aux «pays émergents»…

Au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), on se veut rassurant: « La Suisse a un intérêt fondamental à ce que ces valeurs patrimoniales d’origine criminelle ne soient pas investies dans la place financière suisse. Elle s’est donc dotée d’un arsenal de lois et de procédures pour réprimer le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la corruption, grâce auquel elle peut lutter efficacement contre la criminalité financière des potentats».

A Genève, l’avocat François Membrez se montre très sceptique: «les dispositions suisses en matière de lutte contre le blanchiment sont insuffisantes pour limiter, voire empêcher l’arrivée du produit de la corruption politique. L’arsenal législatif est aussi insuffisant pour la restitution de ces fonds, on le voit actuellement avec les affaires Duvalier et Mobutu». A cela s’ajoute le manque de volonté politique.

La multiplication des cas peut faire douter de l’efficacité de nos autorités. Difficile d’avoir une vision claire de la situation: sur la somme des biens mal acquis actuellement bloqués en Suisse, on manque d’informations. Sur une fuite de capitaux estimée à 187 milliards de dollars entre 1970 et 1996 pour les seuls pays d’Afrique subsaharienne, 20 milliards seraient planqués sur des comptes bancaires suisses, selon des chiffres étonnants publiés dans The Economist en juillet 2005.

D’autres sources concordantes évaluent le total à plus d’un milliard. Un montant qui ne nous a été ni confirmé, ni démenti au DFAE. «Nous ne faisons pas de statistique là-dessus», nous répond Folco Galli, de l’Office fédéral de justice. Les autorités suisses ont-elle d’ailleurs bloqués des avoirs liés au clan Mugabe (Zimbabwe)? «Je n’ai jamais entendu quelque chose».

Plusieurs ONG suisses mènent des campagnes sur les «biens mal acquis»: à Bâle, Action place financière Suisse suit les développements concernant la fortune d’une douzaine de potentats. De son côté, la Déclaration de Berne s’est beaucoup investie dans l’affaire concernant des transferts douteux sur un compte bancaire à Genève de millions de dollars à la fin des années 1990, provenant de revenus pétroliers destinés au remboursement de la dette angolaise envers la Russie. Elle a encore dénoncé en février dernier «l’inertie du Procureur général (Daniel Zappelli, ndlr) et du Juge d’instruction du canton de Genève dans une enquête financière pendante depuis 2000».

François Membrez, vice-président du comité TRIAL, rappelle que si la justice genevoise avait agi à temps, elle aurait pu éviter que 500 millions de dollars liés au remboursement de la dette angolaise quittent subrepticement les banques suisses –dont UBS Genève– et «partent en fumée». Pour l’heure, le comité TRIAL s’occupe «principalement du dossier Duvalier et dans une moindre mesure, du dossier Mobutu», explique Sandrine Roth. GLE/DATAS

Note : Lire le communiqué: http://www.asso-sherpa.org/Dossier%20Page%20index/CPbiensmalacquisfr.pdf. La pétition est disponible en ligne: http://www.biensmalacquis.wb.st.

GILLES LABARTHE/DATAS

La face cachée de l’aide au développement

Mercredi 26 mars 2008

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En effet derrière le caractère philanthropique de l’acte, les donateurs cherchent l’effet politique.  La plupart des donateurs exigent l’encadrement par des expatriés des projets humanitaires de développement qu’ils soutiennent. Le matériel même lorsqu’il est inadapté au contexte social et économique est souvent imposé. Une part importante du budget alloué aux projets de développement humanitaires retourne ainsi dans les pays des donateurs. Il est naturel de croire que la finalité du système d’aide est de satisfaire les besoins de l’homme, mais la réalité est souvent plus complexe. L’offre d’aide répond fréquemment à la propre vision des donateurs des problèmes et à leurs propres intérêts. Le FMI, par exemple, attribue de l’argent à des pays s’ils se conforment à plusieurs règles. La logique des programmes instaurés exige des pays pauvres l’exploitation des biens essentiels afin de satisfaire les lacunes des pays riches. Cette réalité résulte en l’achat, par les pays riches, de produits de base à prix modiques tout en restant les meilleurs au niveau technologique. 

Edouard HANNE – Fondateur de l’association AMODID

Appelons un chat un chat

Samedi 1 mars 2008

L’aide au développement à l’Afrique subsaharienne n’a pas toujours été utilisée à bon escient. Cependant pour être juste, il convient aussi de préciser qu’une grande partie de l’argent n’a jamais été destinée au développement.  Un pays donateur qui aide un gouvernement illégitime ou un groupe rebelle sous le couvert de l’aide au développement ne défend que ses propres intérêts géopolitiques. Les donateurs sont donc  en partie responsables de ces échecs. Dorénavant, appelons un chat un chat afin que l’aide puisse enfin produire les résultats escomptés 

Edouard HANNE – Fondateur de l’association AMODID

« Tout ce que vous faites pour moi sans moi, vous le faites contre moi »

Samedi 26 janvier 2008

Gandhi avait l’habitude de dire: « Tout ce que vous faites pour moi sans moi, vous le faites contre moi ». L’échec des projets humanitaires de développement provient souvent de la manière dont les décisions sont prises. Les animateurs des projets et les donateurs ont tendance à penser et à décider à la place de la population sans se référer à son avis. En effet, tenue à l’écart dans les prises de décisions, la population ne se sent pas partie prenante de leur exécution et se désintéresse du projet auquel elle avait donné son adhésion. Pour qu’une population s’intéresse à une activité, il faut nécessairement l’associer intimement à l’identification des besoins et à la détermination des priorités, à la recherche des solutions et à la prise des décisions. 

Edouard HANNE – Fondateur de l’association AMODID

« On n’est curieux qu’à proportion qu’on est instruit. » Jean-Jacques Rousseau

Mercredi 23 janvier 2008

ogbaji2005a.jpg La présence de plusieurs écoles privées dans les pays en voie de développement est le signe d’une réponse autonome à un besoin intense de formation.  Cependant les enquêtes effectuées dans les écoles privées démontrent que plusieurs établissements ne répondent pas aux normes requises pour dispenser un enseignement de qualité. Plusieurs écoles privées souffrent d’un manque de moyens et de formateurs qualifiés. Certains promoteurs d’écoles privées logent leurs établissements dans des bâtiments inachevés, dans des magasins, voire sous des hangars. Malgré ce constat négatif, le secteur privé éducatif dans plusieurs expériences menées dans les pays en voie de développement est une réussite. En plus de sa grande capacité d’adaptation aux besoins des plus défavorisés, il apporte innovation, efficacité et qualité de l’enseignement. Le privé peut promouvoir une plus grande équité et influencer les politiques éducatives, à condition d’être encouragé et considéré comme un partenaire et non comme une menace par les gouvernements. Dans plusieurs pays en voie de développement, les écoles privées ne se contentent pas de prospérer. Elles s’ouvrent aussi, et avec succès, aux enfants défavorisés. C’est pourquoi nous avons décidé dans le cadre de notre association  de soutenir  la construction et le développement  au MALI, dont nous connaissons le besoin en termes d’éducation, et de formation professionnelle, une école privée capable de fournir un enseignement de qualité, et répondant à toutes les normes requises de conformité d’un établissement de formations professionnelles. L’école devra bénéficier d’un agrément du ministère de l’éducation nationale avant le début de ses activités dans le but de proposer des formations reconnues par la république du Mali.  Le centre sera laïc et républicain.  La construction de l’établissement est en cours et nous recherchons des financements pour aider le promoteur avec lequel nous avons un partenariat. L’établissement à notre demande comprendra un cybercafé et une bibliothèque pour les enfants.

Deux filières de formations adaptées aux réalités locales et aux besoins des entreprises seront proposées par le centre de formation

  • Une filière de formation professionnelle et de fourniture de services dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication avec une priorité pour le développement des logiciels libres.

  • Une filière de formation professionnelle à la conduite et à la gestion des projets de développement durable.

Dans le cadre de notre partenariat avec le promoteur de l’école notre association va s’impliquer dans :

  • Le soutien aux étudiants  pour  la recherche d’un emploi au MALI

  • Le soutien aux étudiants pour la création d’une activité professionnelle MALI

  • La mise en place de formations adaptées à la conduite des projets de développement durable

  • L’organisation des programmes d’alphabétisation pour les  adultes

  • La recherche des échanges pédagogiques avec des écoles publiques ou privées partout dans le monde

  • La recherche d’ intervenants extérieurs qualifiés sur des projets professionnels

  • La recherche de stages pour les étudiants en dehors du MALI

Pour soutenir ce projet nous faisons appel à votre générosité pour obtenir:

  • Ordinateurs et logiciels (système d’exploitation, logiciels bureautiques, logiciels metiers)

  • Photocopieuses

  • Imprimantes

  • Scanner

  • Télephone/Fax

  • Matériel de reprographie

  • Mobiliers de bureau

  • Matériel de voix sur IP

  • Des fournitures scolaires et des livres

  • Des aides financières pour aider à la construction des batiments de l’école

Pour participer à la construction de l’établissement vous pouvez envoyer vos dons (chèque ou mandat postal) à l’adresse suivante:

Madame Diawara Fatoumata N’Diaye

Présidente de l’association AMODID

2, rue Lauriston 91350 Grigny

Association AMODID