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13 immigrés clandestins jetés en mer vivants lors de leur voyage

Lundi 12 janvier 2009

Italie: 13 immigrés clandestins jetés en mer vivants lors de leur voyage

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Treize immigrés clandestins sont morts après avoir été jetés vivants en mer lors de leur voyage vers l’Italie, début septembre, a annoncé lundi le parquet du tribunal de Syracuse, en Sicile (sud de l’Italie).

Les 13 hommes faisaient partie d’un groupe de 59 Nigérians, Nigériens et Ghanéens parmi lesquelles 14 femmes et deux fillettes, arrivé le 11 septembre en Sicile, selon le communiqué du procureur Ugo Rossi.

Dans un premier temps les forces de l’ordre avaient établi que « treize clandestins avaient été jetés en mer car décédés pour des raisons inconnues », selon la même source.

Les candidats à l’immigration meurent parfois de faim ou de soif lors de longues traversées et leurs compagnons de voyages les jettent alors par-dessus bord.

« L’enquête du parquet a permis de déterminer que 13 personnes étaient effectivement mortes. Les déclarations des étrangers ont permis d’apprendre que les treize immigrés clandestins disparus avaient été jetés en mer encore vivants », poursuit le communiqué, précisant que cinq personnes, le commandant de l’embarcation et quatre autres passeurs, avaient été arrêtés.

Le parquet ne précise pas pourquoi les 13 ont été jetés à la mer, mais selon l’agence Ansa, ils ont trouvé la mort car leurs compagnons de voyage les avaient accusés de porter malchance.

La France, une bonne planque pour les dirigeants africains ?

Jeudi 9 octobre 2008

La France, une bonne planque pour les dirigeants africains ?  dans Presse Africaine arton14774 SociétéAfrique CentraleAngolaBurkina FasoCongoFranceGabonGuinée équatoriale - Justice

La France, une bonne planque pour les dirigeants africains ?
Une plainte a été déposée contre cinq chefs d’Etat africains pour « détournement de biens publics ». Deux organisations non-gouvernementales ont déposé une plainte, mercredi, au parquet de Paris, contre plusieurs chefs d’Etat africains accusés de corruption et de détournements de fonds publics, dont une bonne partie serait « recyclée » en France. Leur patrimoine, que ces dirigeants ne peuvent justifier avec leur seul salaire, s’élève aujourd’hui à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Omar Bongo le Gabonais, Denis Sassou-Nguesso le Congolais, Eduardo Dos Santos l’Angolais, Blaise Compaoré le Burkinabé ou encore Teodoro Obiang Nguema le Guinéo-Equatorien sont sur la sellette. Une plainte a été déposée, mercredi, au parquet de Paris, contre ces cinq chefs d’Etat africains et leurs familles pour « recel et détournement de biens publics ». A l’initiative de ce recours juridique, l’ONG Transparency International (TI), qui lutte contre la corruption dans le monde, et des ressortissants gabonais et congolais, représentés par William Bourdon, avocat et président de Sherpa, une association de juristes spécialisé dans les affaires économico-financières.

Des propriétés et des voitures de luxes à gogo

Les chefs d’Etat africains visés par la plainte comptent parmi les plus pauvres de la planète. Au pouvoir depuis des dizaines d’années, ils détiennent pourtant « un patrimoine mobilier et immobilier considérable que leurs salaires ne peuvent expliquer », explique Julien Coll. Joint par Afrik.com, le délégué général de TI ajoute que, « pour quatre d’entre eux, leur patrimoine a été confirmé grâce à un rapport préliminaire » établi l’an dernier par la police française. « Il est même plus important que ce qui avait été estimé », ajoute t-il.Le rapport de police répertorie ainsi pas moins de 50 propriétés de luxe pour la grande famille Bongo/Sassou-Nguesso (le président congolais est le beau-père d’Omar Bongo), dont certaines sont situées dans les rues huppées de la capitale parisienne. Parmi elles, Omar Bongo possède un hôtel particulier près des Champs-Elysées acquis en juin 2007 pour près de 19 millions d’euros. En 41 ans de pouvoir absolu, il a su faire fructifier son capital. Il en va de même pour les autres chefs d’Etat. Avec quelques propriétés et surtout une vingtaine de voitures de luxe en leur possession – qui valent, pour certaines, jusqu’à un million d’euros pièce -, la famille Obiang Nguema n’est pas en reste. En revanche, la police n’a rien découvert de probant qui appartienne à M. Dos Santos et M. Compaoré, hormis les deux propriétés parisiennes de l’épouse du dirigeant burkinabé.

Des comptes en banques bien remplis

Entre 100 et 180 milliards de dollars : c’est l’estimation des fonds placés à l’étranger par des dirigeants africains au cours des dernières décennies, selon le rapport « Biens mal acquis… profitent toujours », publié en mars 2007par le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD). Pire : d’après une estimation de Michel Camdessus, ancien directeur général du Fonds Monétaire International (FMI), les chiffres dépasseraient les 1 000 milliards de dollars si on inclut les proches des dictateurs !Une précédente plainte a été déposée pour les mêmes faits et contre les mêmes dirigeants l’an dernier. Elle a été classée sans suite par le parquet de Paris, jugeant les infractions « insuffisamment caractérisées ». « Il est très possible que les intérêts économiques et diplomatiques ont été pris en compte, même si ces allégations ne sont pas prouvées », déclare M. Coll. Il explique cependant que « les présomptions de détournements d’argent public sont fortes à leur encontre », ce qui justifierait les milliards de dollars que les dirigeants possèdent à l’heure actuelle.

Combattre le recyclage des fonds détournés

Pour éviter que la plainte ne soit classée sans suite une seconde fois, « on a adopté une stratégie juridique », explique Maud Perdriel, juriste pour Sherpa. « On a déposé une plainte simple qui sera nécessairement classé sans suite. Mais c’est une étape préalable pour déposer une plainte avec constitution de partie civile. Lorsqu’elle sera jugée recevable, l’instruction sera ouverte », affirme-t-elle.

A trop piller les ressources de leur pays, de nombreux dirigeants des pays du Sud ont fini par accroître les inégalités. Et la crise alimentaire en cours n’arrange rien. « Il est donc nécessaire de restituer l’argent détourné aux populations. Si la justice détermine que l’origine des avoirs est illicite, ils ne doivent pas être recyclés sur un territoire étranger au pays d’origine, et le pays qui les détient doit s’assurer de sa bonne restitution », déclare M. Coll.

« Il est difficile d’anticiper ce qui va se passer. Mais Sarkozy (le président français, ndlr) s’est engagé à changer les relations franco-africaines lors de sa campagne présidentielle », poursuit-t-il, rappelant malgré tout l’épisode « Jean-Marie Bockel », ex-secrétaire d’Etat français à la Coopération débarqué après avoir annoncé « le décès de la Françafrique ».

Le statut d’immunité des chefs d’Etat risque de se dresser contre les plaignants. Cependant, le délégué général de TI estime que leur « recours juridique [est] solide et juste ». « On compte sur les médias pour relayer l’information et ainsi mobiliser davantage la société civile », conclut Mme Perdriel.

Henri Guaino : Le prisonnier de ses idées !!

Jeudi 9 octobre 2008

Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy : Ce que sont ces étranges « amis de l’Afrique »…

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Préface de Elikia M’Bokolo Le plus surprenant concerne l’Afrique elle-même, où le contexte mémoriel comporte des paradoxes saisissants. II est important de souligner que le premier à réagir au « discours de Dakar» a été le président sud-africain Thabo Mbeki. Sa réaction, largement positive, avec la seule réserve concernant sa maîtrise de la langue française et les subtilités discursives de ce discours, affirmait la convergence totale de ses points de vue avec ceux du président français: ce discours, dit-il en substance, peut former la base d’un dialogue entre l’Afrique et l’Europe. D’autres responsables africains ont tenu à témoigner des «malentendus» entourant ce discours : Nicolas Sarkozy reste, selon eux, un « ami de l’Afrique» ; la paternité du discours ne lui reviendrait pas; il ne l’aurait pas lu avant d’entrer dans l’amphithéâtre où le discours a été prononcé et n’en aurait connu le contenu qu’en le prononçant!

Le seul qui ait été cohérent avec ses fonctions à la tête de la commission de l’Union africaine est Alfa Oumar Konaré qui, sur les antennes de Radio France Internationale, qualifia ces propos d’” inacceptables ». Habile dans le jeu bien connu, mis au point tout au long des dominations que l’Afrique a connues et consistant, pour discréditer un Africain, à lui opposer un autre Africain conforme à la posture favorable aux dominateurs, Henri Guaino n’a rien trouvé de mieux que de balayer d’un revers de la main les arguments de Konaré pour valoriser les propos de Thabo Mbeki : sans se référer précisément à ses arguments, il voulut l’enfermer dans la position de celui qui, «resté dans son registre habituel, celui de la critique contre Nicolas Sarkozy », n’aurait rien compris à la singularité du discours de Dakar!

Ces réactions doivent nous conduire encore plus loin, vers l’examen attentif des pratiques mémorielles dans l’Afrique d’aujourd’hui. En se limitant aux faits les plus récents, on se rend compte que les contradictions sont énormes d’un pays à l’autre et à l’intérieur d’un même pays. Les apologies de la colonisation ne manquent pas, comme on l’a vu en 2006 au Congo, lors des fastueuses cérémonies accompagnant le « retour des cendres» de Pierre Savorgnan de Brazza, l’explorateur franco-italien, créateur du Congo français à la suite de la signature du « traité Makoko » avec le « roi» des Batéké, et des membres de sa famille à Brazzaville, de même qu’en République démocratique du Congo lorsque, à l’indignation générale, un ministre de la Culture a tenté, sans succès, de réinstaller sur son socle colonial érigé à Kinshasa aux temps du Congo belge la statue équestre du roi des Belges Léopold II.

Mais, dans ces deux pays, comme dans d’autres, des groupes actifs continuent d’exalter la mémoire des résistances et des luttes contre la traite et contre la colonisation. L’un des temps forts récents de ces combats fut, toujours en 2006, les manifestations marquant les commémorations, en Angola, du tricentenaire du supplice de « Dona Béatrice» Kimpa Vita, la prophétesse antiesclavagiste, fondatrice du mouvement messianique des Antoniens qui fut condamnée à être brûlée vive pour hérésie, et, au Bénin, l’ancien Dahomey, le centenaire de la mort de Béhanzin, le douzième roi du Dahomey, déporté en Martinique après avoir lutté contre l’expansion coloniale française dans son pays. Il y a donc urgence, plus exactement une double urgence pour les historiens que nous sommes et pour tous ceux qui défendent la même conception et la même pratique de l’histoire que nous: une urgence à réagir, à multiplier les lieux et les formes de réactions, et, surtout, une urgence à prendre l’initiative. La production scientifique relative à l’histoire de l’Afrique est, de l’avis de tous les spécialistes, appréciable tant par sa quantité que par sa qualité. La seule inquiétude ici concerne la publication de ces travaux dont un trop grand nombre restent dans les rayonnages des centres de recherche spécialisés. Il faut surtout se préoccuper de disséminer le plus largement possible l’histoire, la vraie histoire de l’Afrique et des peuples africains, en Afrique et hors d’Afrique. La jeunesse africaine est avide de savoir. Elle se pose légitimement des questions qui reviennent presque toujours à celle-ci: comment se fait-il que nous en soyons là où nous sommes aujourd’hui? Parallèlement à l’écrit, nous disposons désormais de toutes sortes de moyens techniques pour procéder au mieux à cette dissémination. C’est là assurément le moyen le plus certain d’armer intellectuellement les citoyens d’Afrique, d’ici et d’ailleurs, et d’empêcher les Sarkozy et autres diseurs de balivernes, prétendument« amis de l’Afrique» d’aller devant eux jouer aux montreurs.

Postface de CATHERINE CLÉMENT : Un chef d’Etat a-t-il le droit de se fier à ce point ?

Je pense que non

Philosophe de formation, romancière par ailleurs, je ne suis pas qualifiée pour intervenir dans des travaux d’historiens; je veux simplement porter témoignage d’un sérieux incident survenu au micro de France Culture, un mercredi d’octobre 2007, alors qu’Henri Guaino était l’invité des «Matins de France Culture», émission d’Ali Baddou dans laquelle je tiens une chronique hebdomadaire sur « les cultures des autres ». J’avais sous les yeux l’entretien d’une page que mon amie Adame Ba Konaré avait accordé cette semaine-là à l’hebdomadaire Jeune Afrique : elle y annonçait le lancement des travaux qui s’achèvent au moment où j’écris ces lignes, pour répondre aux propos tenus par le président de la République française lors de son voyage officiel au Sénégal à l’Université Cheikh-Anta Diop – université où, sous l’autorité de mon jeune camarade Souleymane Bachir Diagne, j’ai donné bénévolement un séminaire de troisième cycle de philosophie pendant les trois années de mon séjour à Dakar, de 1996 à 1999. J’ai donc longuement fait état de l’interview d’Adame Ba Konaré, puis j’ai interpellé Henri Guaino sur le contenu du discours de Dakar, la question de l’auteur n’étant pas prioritaire: lui ou son supérieur hiérarchique, le contenu ne faisait aucune différence. Très vite, j’ai dit ce que je pense: ces propos étaient” limite racistes ». Encore ma formulation était-elle très réservée au regard de mes sentiments profonds. Mon interlocuteur est aussitôt entré dans une violente colère en prétendant me faire taire; il n’a pas réussi. Puis, et c’est là que je veux en venir, invoquant l’héritage des grands anthropologues français d’autrefois, il a rapproché le sort fait à ce discours de Dakar des accusations portées contre Claude Lévi-Strauss à propos de «Race et Culture 1 », conférence prononcée à la demande de l’Unesco en 1971, succédant à Race et histoire, conférence de 1952. «Tenez, c’est exactement ce qui est arrivé à Lévi Strauss! », s’est exclamé Henri Guaino. Précisons. En effet, après la publication de « Race et Culture », dans quelques hebdomadaires français de gauche, notamment Le Nouvel Observateur, Claude Lévi-Strauss a été accusé de racisme sous deux prétextes : d’abord, il utilisait la génétique des populations, discipline scientifique encore mal connue, et peu admise, le seul terme de « génétique» évoquant l’eugénisme et ses méfaits nazis de façon irréfléchie; ensuite, il décrivait avec précision les dangers des rapprochements hâtifs entre populations, les différences entre les cultures ayant besoin de distance et de pénombre pour se préserver, thèse qu’il n’a cessé de poser depuis lors sans susciter les mêmes réactions. Simplistes et fumeuses, ces accusations de racisme ont disparu avec la popularisation et les progrès de la génétique contemporaine. Peut-être me faut-il préciser qu’en 1970, j’ai publié le premier livre écrit sur Lévi-Strauss  et, en 2000, le « Que sais-je? » qui lui est consacré, après un dialogue amical commencé en 1962. Il n’existe évidemment pas le moindre rapport entre les propos de Lévi-Strauss et ceux du discours de Dakar, et pour cause! Lévi-Strauss est l’anthropologue français qui, dès 1949 et plus encore avec Tristes tropiques en 1955 “ a tordu le cou aux vieilles thèses ethnocentriques de l’anthropologie française, dont certaines – pas toutes – souffrirent durablement de l’idéologie colonialiste. En revanche, ce sont ces thèses ethnocentriques désuètes que l’on retrouve intactes dans le discours de Dakar, expression maximale de la supposée supériorité européenne.
On a le droit de ne pas savoir. On a le droit d’apprendre seul, et c’est qu’a fait Henri Guaino, qui a raison de revendiquer d’être un autodidacte. Mais utiliser des connaissances fragmentaires apprises en solitaire lorsqu’on est conseiller d’un chef d’État, ne pas en faire vérifier la justesse et l’actualité par des historiens et des anthropologues, c’est un risque. Je comprends que la quête de la beauté du style l’a emporté sur la prudence: autre risque, que  Platon ne cesse de dénoncer par la bouche de Socrate ridiculisant les rhéteurs athéniens, attachés à la beauté du verbe au détriment de la vérité. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’aucun frein n’ait entravé la démarche rhétorique du président de la République française: est-il possible qu’il ne se soit trouvé personne pour signaler l’erreur et le danger ? Fallait-il que le président de la République française soit à ce point confiant ? Un chef d’État a-t-il le droit de se fier à ce point? Je pense que non.
Henri Guaino ne s’est pas arrêté là. Pour me clouer le bec, il a utilisé un argument que chacun jugera: «Vous n’êtes pas africaine! Alors vous n’avez pas le droit de vous mêler de questions africaines. »Je suis restée muette de stupeur, je l’avoue; mais à ma place, l’excellent Olivier Duhamel, autre chroniqueur des «Matins de France Culture “, s’est chargé d’expliquer à Henri Guaino pourquoi il déraisonnait. L’émission touchait à sa fin. Hors studio, loin des micros, j’ai mis dans la main d’Henri Guaino le numéro de Jeune Afrique, en lui conseillant vivement d’en profiter pour laver l’outrage fait à l’Afrique. L’a-t-il fait? Je ne sais. J’avais en face de moi un homme sincèrement indigné, sincèrement inconscient des erreurs qu’il avait pu commettre, sincèrement prisonnier de ses idées. Peut-il comprendre? Ce n’est pas certain. Je m’interroge sur l’apprentissage des connaissances dans le monde d’aujourd’hui. Tout le monde peut être autodidacte, tout le monde peut penser apprendre seul, sur la Toile, dans des encyclopédies comme Wikipédia, par exemple. Pour avoir lu Sur Wikipédia une biographie de moi totalement erronée, pour avoir constaté sur nombre de sujets l’énorme quantité d’erreurs diffusées sur la Toile, je sais quels risques encourt la connaissance ainsi disséminée: fragile, incomplète, mensongère parfois, mal construite toujours, elle perd sa force de vérité et sa qualification. Elle n’est plus connaissance, mais rumeur du monde; elle n’est plus de l’ordre du savoir. II faut plus d’une personne pour construire un savoir; il faut des décennies parfois tâtonnantes, que seule une collectivité soudée peut rendre valide à la fin. Que des historiens africains se rassemblent pour corriger avec précision et par écrit l’erreur d’un chef d’État français est la seule réplique politique envisageable, la seule qui traversera les années.
Source: LE REPUBLICAIN

L’Afrique est devenue le Far West des Chinois

Mardi 7 octobre 2008

L’Afrique est devenue le Far West des Chinois

Mardi 27/05/2008 | Posté par Serge Michel

Affamée de matières premières, la Chine s’installe sur le continent noir. Efficaces, courageux, ambigus aussi, les nouveaux colons contribuent à l’essort de l’Afrique.

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Pendant plus d’un an, Serge Michel et Michel Beuret, qui comptent tous deux parmi les fondateurs du Bondy Blog, ont parcouru quinze pays avec le photographe Paolo Woods pour une série d’articles et un livre, paru chez Grasset le 20 mai : La Chinafrique. Serge Michel nous livre ici trois aperçus de ce travail : au Congo, au Nigeria et en Angola, où l’on découvre les Chinois en train de couper du bois, d’industrialiser un pays ou de le bâtir.

Au Congo, les bûcherons sont chinois

L'Afrique est devenue le Far West des Chinois dans Presse Africaine 000054_tSi l’on demandait à un échantillon d’Occidentaux de désigner une terre nouvelle, un far west à conquérir, ils songeraient probablement aux gratte-ciels de Shanghai. Mais si l’on posait la même question à des Chinois, ils pourraient bien évoquer un des 53 pays d’Afrique et pourquoi pas le Congo Brazzaville, petite république à peine remise d’une guerre civile, où les routes asphaltées sont aussi rares que les heures de la journée durent lesquelles les réfrigérateurs fonctionnent sans groupe électrogène.

Prenez Jessica Ye. « Je suis arrivée à Brazzaville en 2000, les mains vides », dit cette femme de 37 ans, originaire de Wenzhou, au sud de Shanghai. Elle ouvre un restaurant, puis deux, puis une boutique, puis deux, alimentées par de la marchandise que ses cousins envoient de Chine. Aujourd’hui, elle a fait venir 80 membres de sa famille pour s’occuper de ses affaires : une fabrique de fenêtres en aluminium, une boîte de nuit, une dizaine de boutiques et toujours plus de restaurants.

Pendant que Jessica posait les bases de sa fortune, des milliers de Chinois sont arrivés dans le pays, la plupart pour les infrastructures dont le Congo a tant besoin : un barrage, des routes, des habitations. Mais la famille Yé conserve sa longueur d’avance. Le frère de Jessica, Ye Xiang Yang, importe du ciment alors que son mari, Zhang Ke Qian a pris la direction de Sicofor, qui exploite 800 000 hectares de forêt, dont une concession en plein parc national de Conkouati.

Alors que six arbres coupés sur dix partent en Chine, le WWF estime que deux tiers des forêts du bassin du Congo, seconde plus grande forêt tropicale au monde après l’Amazonie, pourraient disparaître en 50 ans si l’exploitation se poursuit à ce rythme. Zhang Ke Qian, lui, n’a qu’un but : doubler sa production pour atteindre son quota de 919 troncs par jour.

L’ONG américaine WCS, elle, voudrait protéger le parc de Conkouati, un trésor de biodiversité. Mais Hilde van Leeuwe, sa représentante, s’arrache les cheveux au fur et à mesure que Sicofor s’approche de son quota. « Les Chinois ne nourrissent pas leurs bûcherons congolais, dit-elle. Pour manger et arrondir leurs salaires, ils chassent toutes les nuits. » En février 2007, elle a intercepté un pick-up chargé de 86 dépouilles d’animaux, dont plusieurs gorilles et chimpanzés tout juste décongelés. Le seul congélateur de toute la forêt appartient à Sicofor.Au Nigeria, les entrepreneurs sont chinois
33_t dans Presse AfricaineJacob Wood est né à Shanghai il y a 60 ans et a déjà passé la moitié de sa vie au Nigeria. Après avoir longtemps tenu un restaurant chinois, il prend son essor au début des années 2000, lorsqu’il peut importer de la main d’œuvre chinoise qualifiée pour ouvrir une usine après l’autre. « Les Chinois commencent tous par importer des marchandises en Afrique, dit-il, mais ce qu’il faut, c’est produire sur place. Il y a tant à faire ! » Il possède aujourd’hui deux hôtels, un restaurant de 1500 places spécialisé dans les banquets pour grosses fortunes nigérianes, une entreprise de construction et une quinzaine d’usines allant de l’assemblage de climatiseurs géants aux machines de chantier. Il emploie 300 Chinois et cinq fois plus de Nigérians.

Jacob Wood, à qui l’ancien président Olusegun Obasandjo demandait régulièrement conseil, est aussi très écouté par les hautes autorités de Pékin. Il se veut le symbole des entrepreneurs chinois au Nigeria, à la fois généreux (il a offert à la ville de Lagos une école pour 4000 élèves, ce qui lui a valu le titre de chef africain) et débrouillard (il paie par un banquet annuel à l’association des femmes d’officiers le privilège d’avoir immatriculé toute sa flotte de 4×4 avec des plaque de police). Il est ici avec son garde du corps sur le chantier de 544 maisons pour les employés de Chevron, que son entreprise a construites en douze mois.

Partout sur le continent, l’enthousiasme des Chinois et le rythme effréné de leurs affaires offrent un contraste saisissant avec des Occidentaux souvent pessimistes et des populations locales résignées au chômage et aux activités de survie. Le succès des Chinois reste pourtant un mystère, même pour Pat Utomi, patron de la Lagos Business School. « Je ne comprends pas comment ils font. Nos entrepreneurs ferment leurs usines alors qu’ils n’arrêtent pas d’en ouvrir. J’ai commandé un rapport à mes étudiants. » Lesquels seraient bien inspirés d’aller faire un tour dans l’usine de biscuits Newbisco, près de l’aéroport de Lagos, qui a passé par des mains britanniques, indiennes et nigérianes sans jamais atteindre la rentabilité. Quand M. Y. T Chu, actif jusque là dans l’acier, l’a reprise en 2000, elle était en ruine. L’usine produit aujourd’hui 70 tonnes de biscuits par jour. Et songe à s’agrandir. « Nous couvrons à peine 1% des besoins du marché nigérian », sourit M. Chu.En Angola, les bâtisseurs sont chinois
000004_tDepuis vingt ans, les Occidentaux ont sous-traité une grande partie de leur production en Chine, faisant de ce pays une puissance économique mondiale dont les besoins ont fait exploser le prix des matières premières. Cela a enrichi à leur tour les dirigeants des pays d’Afrique qui regorgent de pétrole, de cuivre, de bois et d’uranium. Du coup, ces dirigeants ont les moyens de sous-traiter aux Chinois leurs responsabilités étatiques: fournir à leur population de l’électricité, des routes, des chemins de fer, des hôpitaux et des écoles. Le phénomène est aigu en Angola où le gouvernement, après 27 ans de guerre civile, ne sait faire que deux choses : puiser dans les revenus pétroliers et danser toute la nuit à Luanda sur l’air de la croissance la plus forte au monde : 23% en 2007. Pour tout le reste, il a fait venir 30’000 Chinois qui ont transformé le pays en vaste chantier.

Pékin, qui a fait de l’Angola son premier partenaire en Afrique et son premier fournisseur étranger de pétrole, a accompagné le mouvement d’une pluie de dollars : 9 milliards annoncés, mais 7 dont les comptes angolais ont gardé une trace. 

Où est passé la différence? Cette possible « évaporation angolaise » a déjà bloqué plusieurs projets, comme la reconstruction du chemin de fer de Lobito, et provoqué une crise diplomatique entre Pékin et Luanda. Cela réjouit les diplomates occidentaux sur place. « Les Chinois n’ont pas assez d’expérience, dit l’un d’eux. Ils ne pensaient pas que les pots de vin étaient si chers en Angola ! » Un autre enfonce le clou : « A nos amis angolais, on dit : « C’est super votre petite promenade avec les Chinois. Amusez-vous bien. Mais quand vous voudrez jouer dans la cour des grands, payez vos dettes et revenez nous voir ».

Une visite à Lobito suffirait à le faire déchanter. Si les contrats d’Etat sont temporairement dans les limbes, les entreprises privées chinoises, elles, font fortune. « En cinq ans d’Afrique, je n’ai jamais vu ça », souffle l’ingénieur Zhou Zhenhong. En 2007, sa petite entreprise a construit deux écoles, un hôpital, une caserne de pompiers et plusieurs immeubles résidentiels. « Les autorités insistent tellement pour que tout soit fait du jour au lendemain – et paient cher pour ça, dit-il. Alors on n’a pas le temps d’attendre les équipes de déminage. On le fait nous-mêmes. Cela nous a coûté quelques bulldozers, mais c’est plus rentable que de retarder le chantier. »

Serge Michel -

MALIJET : LES AIDES-MENAGERES : Des lueurs aux leurres

Jeudi 18 septembre 2008

image AIDES-MENAGERES

Armées de bénédictions, conseils et recommandations des parents, notabilités et sages de leur village, elle quittent le seul endroit où elles ontjusque-là vécu, pour affronter l’aventure, sinon l’inconnu, avec, pour tout bagages, leur petit baluchon sous les bras. Ainsi débarquent-elles dans la grande ville, galvanisées par leur “mission” et convaincues de retourner le plus tôt possible au bercail, munies d’un pécule assez substantiel pour mériter un accueil triomphal.

                Mais hélas, pour beaucoup d’entre elles, c’est une amère désillusion qui les attend au bout de l’aventure, tant il est vrai que vouloir est une chose, mais pouvoir en est une autre.

De la conviction à la désillusion

                Elles, ce sont ces aides-ménagères dont le souci est de rassembler un petit pactole avant le début de l’hivernage et de revenir au village pour aider leurs parents aux travaux ménagers et champêtres. Du moins, tel était l’idée première nourrie et entretenue par celles que l’autre surnommait ironiquement “Cinquante-deux”, c’est-à-dire celles qui, durant les 52 semaines de l’année, triment sang et eau pour un semblant de salaire le plus souvent mal payé ou pas du tout.

                Mais c’est sans compter avec les aléas et autres dures réalités de la vie auxquels elles n’ont pas été préparées. Aussi ont-elles vite fait d’oublier, sinon de dédaigner ou de mépriser et leur ancienne idée de retourner au village, et souvent même leurs conditions de vie originelles.

                Et ce n’est pas pour rien que depuis belle lurette, les médias -en particulier, les radios de proximité- ont donné leur langue au chat, quant à la sensibilisation de ces  aides-ménagères. On se rappelle, en effet, qu’à l’approche de chaque période hivernale, baucoup de radios lancaient des messages de sensibilisation incitant ces “bonnes à tout faire” à retourner au village.

                Mais ces dernières années, même si elles subsistent encore, ces campagnes médiatiques de sensibilisation n’en ont pas moins considérablement diminué en fréquence et en intensité. Toute chose (entre autres) qui a contribué à pousser ces aides-ménagères à verser dans la facilité, à tomber de la conviction à la désillusion, à renier leur première ambition, bref, à renvoyer aux calendes grecques la raison même de leur présence dans la grande ville.

De la désillusion à la dépravation

                Ainsi, bien des  bonnes à tout faire” se sont tout bonnement tranformées en “bonnes à ne rien faire“. Pire, certaines d’entre elles sont devenues si mauvaises qu’elles se sont muées en …filles de joie ou femmes d’affaires douteuses de toutes sortes.

                Ainsi, de la tombée de la nuit aux aurores, on les voit sillonner la ville par grappes entières, le plus souvent accompagnées de leur copines ou accrochées aux bras de leurs “Jules” du village. Elles disposent de leurs lieux favoris de rencontre -des quartiers souvent très distants de leurs lieux de travail- où elles se rassemblent par affinités ou selon leurs origines. Et très tôt le lendemain matin, elles retournent à leur emploi et se remettent au turbin.

                C’est dans ces lieux de rassemblement qu’elles passent également toute la nuit à deviser, à disserter, et à s’adonner à d’autres pratiques qui, le plus souvent, finissent par compromettre et leur travail, et la raison même de leur aventure.

                La plupart d’entre elles sont des fillettes de dix à quinze ans, des jeunettes sans aucune expérience, tellement grisées par les mirages de la cité que le plus souvent, elles prennent les “vessies“ de leurs illusions pour des “lanternes  de la réalité. Elles ont alors vite fait de déchanter, pour avoir abandonné les “oripeaux“ de leur éducation villageoise et calqué leurs style et mode de vie sur ceux de cette citadine qu’elles envient, voire jalousent tant, mais qui, depuis longtemps, a pourtant “vendu son âme au diable“.

                Aussi n’est-il pas étonnant de les voir tomber en grossesse, accoucher dans de mauvaises conditions, abandonner, ou souvent …tuer leurs  bébés, soit parce qu’elles sont incapables de s’en occuper, soit parce qu’elles sont rejetées par leur patronne ou par le géniteur de l’enfant. Et de fil en aiguille, elles finissent par renier toutes les raisons qui les ont poussées à quitter leurs hameaux, et commencent alors à “tisser de la mauvaise toile“.

De la dépravation à la déchéance

                L’humeur le plus souvent exécrable de la patronne, le volume énorme du travail par rapport à leur traitement, les mépris, insultes, brimades et autres maltraitances qu’elles subissent de la part de tous les membres de la famille de la patronne, le refus de cette dernière de la rémunérer… Autant de contraintes et de désagréments qui finissent par pousser les “bonnes” à devenir mauvaises, sinon inconscientes, irresponsables..

                Et les voilà qui se révoltent, qui clament leur ras-le-bol aux assiettes et autres casseroles, qui veulent en finir une fois pour toutes. C’est alors qu’elles s’acoquinent avec une amie qui s’avère le plus souvent être une mauvaise conseillère, ou avec un “élu du coeur“ (une façon comme une autre de se soulager). Elles envoient alors paître leur boulot qu’elles considèrent désormais comme de l’exploitation ou de l’esclavagisme.

                Il arrive que les plus délurées usent d’artifices ou de séduction pour “détourner” ou ravir le coeur du mari de leur patronne. Et elles y parviennent souvent ; et puisqu’après tout, la “faim” d’un mariage justifie les moyens de la séduction. Surtout qu’il y en a qui parviennent à se faire épouser…

                Mais au delà de tous ces problèmes, il y a cette grossesse  qui fait que la plupart d’entre elles n’osent plus retourner au village : la honte, le déshonneur, la crainte d’être indexée, rejetée, voire reniée… Alors, puisque tout est désormais remis en cause, elles préfèrent rester et assumer jusqu’au  bout, quoi qu’il advienne, plutôt que de retourner “comme çà” au village. Alors, elles se cachent, de peur d’être ainsi répérées par une connaissance.

                Mais il y quand même celles qui avortent  pour bénéficier d’une autre chance ou d’une occasion de refaire leur vie au milieu des leurs : un cas pourtant très rarissime. Alors, elles continuent de fantasmer sur de vains espoirs, toujours bercées par le chant des sirènes de la cité.

                Elles ne tiennent plus à gagner leur pain à la sueur de leur front, oh que non : elles estiment avoir dépassé ce stade, puisqu’elles pensent devenues plus roublardes que les citadines. Et elles le prouvent par leur allure provocatrice, par leur habillement outrageant qui sent néanmoins la villageoise, par leurs propos et verbes qu’elles veulent volontiers dévergondés.

                Mais la gaucherie due à leur origine et leur dialecte du terroir viennent toujours attester qu’elles “viennent de loin“ : ce dont elles ne peuvent se défaire, en dépit de leur bonne volonté. Car, comme on dit, “on a beau le chasser, le naturel revient toujours au galop“. Comme pour signifier : ”qu’un morceau de bois a beau séjourner durant des siècles dans l’eau, il ne se transformera jamais en caïman“.

Oumar DIAWARA

ARTTICLE DU SITE Alternatives

Vendredi 29 août 2008

 Internet en Afrique : Un racket bien organiséL’argent qui va du SUD au NORD !!!!!jeudi 21 août 2008 par Frédéric DUBOIS 

Les Africains paient de cinq à dix fois plus qu’ici pour accéder à l’internet. C’est encore plus cher en milieu rural, où une connexion est souvent dure à trouver. Mais le plus scandaleux, c’est que les consommateurs n’y sont pour rien. Petite excursion du côté sombre de l’internet. Ibrahima Yade monte l’escalier menant à l’étage, là où loge sa petite compagnie SeneLogic. Une entreprise en démarrage d’économie sociale avec pour slogan « La sénégalaise des logiciels libres ». Du haut de ses deux mètres, Ibrahima, la quarantaine, informe ses quatre plus jeunes collègues que la session de développement de logiciels est interrompue pour cause de coupure d’électricité. SeneLogic, avec pignon sur rue dans le quartier Sacré-Cœur de Dakar, au Sénégal, avance malgré les difficultés liées à l’infrastructure. Si le Sénégal est un haut lieu de téléphonie mobile bon marché, l’accès à l’internet à large bande fait contraste. SeneLogic paie ainsi cinq fois plus pour sa connectivité qu’une compagnie de Berlin, et sept fois celle d’une montréalaise. Cet internet hors de prix, peu fiable ou peu accessible, enterre les économies africaines dans un sous-développement inacceptable.
 
Un problème structurel et historique Qui dit internet à large bande ou haute vitesse entend infrastructure à fibre optique. L’internet sans fil existe, certes, mais lorsqu’il est question de haut débit, nous entrons dans le domaine des dorsales, l’artillerie lourde permettant le transfert de données multimédia. Ce sont précisément ces dorsales qui rendent l’expérience internet fiable et rapide. Or, il se trouve que sur les côtes africaines, ces câbles sous-marins font cruellement défaut. Est-ce qu’il manque d’argent ? « Non », dit Mike Jensen, auteur du document Les coûts d’interconnexion, publié par l’Association pour le progrès des communications (APC). Et force est de constater qu’en matière de télécoms, la manne financière est énorme, si bien qu’aucun opérateur africain n’a fait faillite à ce jour. La téléphonie mobile est le moteur qui engendre ces bénéfices monstres dans toute l’Afrique de l’Ouest. Ibrahima Yade, comme trois millions de ses compatriotes, utilise les services de téléphonie cellulaire de la compagnie Orange. Cela représente un quart de la population. Ce chiffre témoigne d’un fort appétit des Sénégalais pour les communications bon marché. À titre comparatif, Bell mobilité ne rejoint « que » six millions d’utilisateurs au Canada, soit une personne sur cinq. 

Les coûts élevés de l’internet seraient, selon Mike Jensen, le fait d’opérateurs des télécommunications monopolistiques africains. En bonne partie contrôlés par des intérêts européens ou étasuniens, ils sont peu enclins à développer des dorsales internet. Les opérateurs profitent ainsi de leur position pour refiler la facture aux fournisseurs de services internet (FSI) locaux, qui « doivent payer aux deux extrémités de leurs liaisons internationales », soit lorsqu’ils téléchargent des données en amont et en aval, nous signale Jensen. Ce sera, au finish, à Ibrahima Yade et aux siens de se débattre pour arriver à assumer le salé forfait de connectivité, qui s’élève à plus de 250 dollars canadiens par mois. Le cas de la Sonatel, qui bénéficie d’un accès direct au câble sous-marin SAT-3 depuis 2002, est patent. L’opérateur unique du Sénégal, qui appartient à France Télécom à hauteur de 43 %, passe l’addition aux FSI ouest-africains. Ces derniers sont tenus de faire transiter leur trafic international par la Sonatel. Les pays comme le Mali, la Guinée Bissau et le Burkina Faso dépendent entièrement de cet « accès à la mer » sénégalais, ce qui signifie des coûts exorbitants et une fiabilité soumise notamment aux nombreuses coupures d’électricité de ce pays. La Sonatel joue au pacha en empochant des bénéfices sans pour autant réinvestir dans le développement d’infrastructures de télécommunication. Mais cet opérateur est aussi une victime, puisqu’il doit payer des frais de transit en amont, auprès des pays développés. En effet, la Sonatel se lie les mains dans un accord de transit avec un de ses gros actionnaires, France Télécom. Les sommes faramineuses dépensées par les clients africains pour accéder à l’internet migrent donc en Europe. « Cette subvention inversée vers le Nord a exacerbé les déséquilibres entre les régions développées et en développement », explique Mike Jensen. Cette incongruité n’est pas seulement causée par France Télécom ou d’autres entreprises occidentales. Les dirigeants de la Sonatel, des autres sociétés de télécommunications africaines, ainsi que les leaders politiques du continent sont tout aussi responsables.  Briser la mentalité de consommateur « Tous les pays africains, s’ils le décident, peuvent y arriver », lance Mohamed Diop, ingénieur des télécommunications sénégalais. « Nous devons être considérés comme des pairs vis-à-vis de l’Europe, des autres pays africains et des États-Unis », affirme-t-il. Mohamed Diop était de passage en juin à l’atelier de fondation de GOREeTIC — un réseau de la société civile engagé envers une réforme du secteur des télécommunications africaines. Un ancien de la Sonatel, Mohamed Diop, avait déjà fait valoir son point de vue à l’occasion du Forum sur la gouvernance de l’internet, à Rio de Janeiro, en décembre 2007. Des sociétés du continent, tel que la Telkom sud-africaine, avaient alors tenté d’étouffer l’affaire. Sa vision concernant les accords d’interconnexion de transit s’appelle l’« homologage », dans le jargon des télécoms. Ce genre de troc représenterait cependant une menace au bénéfice à court terme de ces sociétés. Faisant écho à l’analyse du Sud-Africain Mike Jensen, Mohamed Diop martèle que « ce qu’on veut, c’est que l’Afrique, ce qu’elle est en train de dépenser pour l’accès à l’internet, la connectivité, aille dans le développement de l’infrastructure ». Brancher au niveau sous-régional Outre l’accès aux dorsales sous-marines, des spécialistes des télécommunications soutiennent qu’il faudra créer des dorsales à travers l’ensemble du continent. Pour y arriver, ils préconisent le modèle d’accès ouvert. Sous ce modèle éprouvé en Asie notamment, un montage financier ouvert à tous types d’investisseurs (grandes sociétés, gouvernements, petits FSI organisés en associations, groupes d’usagers) permettrait d’injecter les fonds nécessaires à l’établissement d’infrastructures de télécoms profitant à tous les partenaires. Pour réussir, les sociétés civiles et le secteur des télécommunications africains doivent changer leurs pratiques afin de collaborer davantage. De leur côté, les grandes sociétés prédatrices, d’Europe pour la plupart, doivent être contraintes de revoir leurs accords avec les opérateurs africains.  La mise en place du réseau GOREeTIC se veut la réponse de la société civile à ce défi d’interconnexion. Le réseau agit non pas comme investisseur, mais bien comme lubrifiant, afin qu’à un très haut niveau politique et économique, les acteurs d’Afrique de l’Ouest et du Centre fassent changer les choses. Cela nécessite de chercher des solutions conjointement avec les parlementaires, de rassembler la société civile et les petits FSI et de s’investir auprès d’agences sous-régionales de régulation. Cet objectif n’est pas irréaliste, parce que dans le domaine de l’internet, l’Afrique ne tire pas toujours la plus courte paille. Elle a, par exemple, réussi avec brio à casser cette dynamique de simple consommateur dans le domaine des adresses IP – ces numéros qui identifient chaque ordinateur connecté à l’internet. À force de livrer combat, l’organisation AfrinIC a vu le jour et elle gère maintenant les adresses IP du continent. 

S’il n’y avait point de receleurs, il n’y aurait point de voleurs !!!!!

Samedi 12 juillet 2008

France / Afrique: Nouvelle plainte

contre 5 chefs d’Etat africains -

Source Malijet

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image De haut en bas : le Gabonais Omar Bongo, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Burkinabè Blaise Compaoré, l’Angolais Eduardo Dos Santos et l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema.(Photos : AFP / Montage RFI)

Transparency International, une ONG spécialisée dans la lutte contre la corruption, dépose une nouvelle plainte pour « recel de détournement de biens publics » contre 5 chefs d’Etat africains : le Gabonais Omar Bongo, le Congolais Denis Sassou Nguesso, l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema, l’Angolais Eduardo Dos Santos et le Burkinabè Blaise Compaoré.

L’ONG les accuse de posséder en France des biens immobiliers financés par de l’argent public détourné. Ces accusations figuraient déjà dans une première plainte déposée l’an dernier par d’autres associations et qui avait entraîné l’ouverture d’une enquête sur le patrimoine de ces chefs d’Etat mais qui avait été classée « sans suite » cinq mois plus tard.

La plainte de Transparency International ressemble de très près à celle déposée l’an dernier par les associations Sherpa et Survie. La petite différence, c’est que cette fois l’ONG se réfère à l’enquête policière qui a été menée en France après le dépôt de la première plainte.

Selon nos informations, la police judiciaire a entre autres recensé en France 17 propriétés et 11 comptes bancaires au nom du président gabonais. Elle a aussi répertorié par exemple une quinzaine de villas et appartements propriétés du président congolais et de sa famille. Ils ont en revanche collecté peu d’informations contre les présidents angolais et burkinabè.

Pour l’ONG, il n’y a aucun doute, ces biens n’ont pas pu être acquis grâce aux seuls salaires des chefs d’Etat.

Joints par RFI, les avocats d’Omar Bongo et Denis Sassou Nguesso rappellent eux que posséder un bien n’est pas une infraction. Ils estiment aussi que la France n’a pas à juger la gestion des finances publiques d’autres pays. Ils dénoncent enfin un coup médiatique et soulignent que la première plainte a finalement été classée « sans suite » l’an dernier.

A l’époque, le parquet avait estimé qu’il n’y avait pas assez d’éléments pour parler d’infraction. Pourquoi changerait-il d’avis ?

L’objectif des plaignants est ailleurs. Ils espèrent déposer une autre plainte en obtenant de se constituer partie civile. Cela permettrait d’ouvrir une instruction pour mener une enquête plus approfondie.

PAUVRE AFRIQUE !!! – Article de malijet

Mercredi 9 juillet 2008

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Par le biais de la Françafrique ou de la colonisation l’Europe, la France impose leurs chefs d’Etat aux Africains. Pour être éligible au syndicat des présidents, il faut appartenir à la secte des Francs maçons, et à la Rose Croix.

Une autre facette très peu glorieuse des relations franco-africaines racontée par Eric Danon, directeur de cabinet du ministre de la Coopération Charles Josselin, Février 1999.

«L’Afrique est reliée au reste du monde par une toile de relations marchandes informelles, souvent frauduleuses qui ont une forte connotation ethnique, confrérique ou (communalisme)…» Et les énormes profits qui ne sont pas réinvestis en Afrique… proviennent des marchés de matières premières… des activités financières d’origine douteuse telles que le casino, le PMU, la loterie, etc. L’image de la France de l’Afrique a souffert de ses pratiques (illégales, illicites) au cours des années.

Les confréries et/ou sociétés secrètes fermées, (élitistes), genre Rose Croix, Ordre du Temple Solaire, GLNF (Grande Loge Nationale Française), etc. sont des officines pour les grands corrupteurs de la Françafrique, avec la complicité des forces de l’ordre officiel établi).

Grande omnipotente loge maçonnique GLNF, ancien pilier du lobby colonial tout puissant et devenu celui de la Françafrique civile, militaire et mercenariat. Et une des grosses légumes confirme : (la GLNF a crée une officine de PMU en Guinée en 1998, qui a généré 14 milliards de nos francs CFA en un an dont seulement les 52 pourcentages sont restés aux joueurs.

 

Signé Marcel Chas Tan

Aucun doute que le PMU -Mali s’empare des mêmes 48 pourcentages des recettes, si non plus, cyniquement extorqués à nos pauvres parieurs… Saluons au passage, la droiture, l’honnêteté et la transparence de l’attitude du sieur Marcel Chas tan !

Ne vous étonnez surtout pas si vous rencontrez dans les sectes et/ou sociétés secrètes de France et de Navarre, nos braves présidents africains à coté des grands maîtres, tels que Charly Lascorz, Pierre De Bizer, Jo Di Mambro, Luc Jouet,, Dénis Guillaume, Christian Bernard, Serge Toussaint, Raymond Bernard… Ah oui ! Nos braves présidents : Sassou Ngueso, Blaise Compaoré, Idriss Deby, Nyasingbe Eyadema, Ibrahima Barré Maïna Sara, Oumar Bongo Odimba, Paul Biya.

Que penser des relations familiales entre Africains d’Afrique et Français d’Afrique vivant en France ? Il y a comme un relent de racisme dans la sublimation des chefs d’Etat africains… Dieu sait ce qu’on dit de nos Rois à l’Elysée et à Matignon à leur absence…